Becoming vegan: la critique

Toutes les ressources sont bonnes quand on est à la poursuite d’informations et lorsque nous commençons une quête de renseignements, nous sommes comme des éponges. Parfois, cependant, on peut finir par être submergé par un flot d’information et on peut aussi se rendre compte qu’il est rendu minuit et qu’on n’est pas plus instruit qu’à 18h.

Espace de travail avec ordinateur

Cette semaine, par hasard, je suis tombée sur le court documentaire Becoming veganJe n’étais initialement pas intéressée et ce n’était pas le but de ma recherche, mais j’imagine que j’ai fait preuve d’une saine curiosité et/ou que j’avais finalement un peu de temps à perdre (non).

Je l’ai regardé. Je l’ai écouté. Voici ce que j’en ai pensé.

Mise en contexte

Ce documentaire dure un peu moins de 25 minutes et nous «plonge» deux semaines dans la vie de Rachael Lowes alors qu’elle s’initie à une alimentation végétalienne. Je met plonge entre guillemets parce qu’en 25 minutes pour présenter 2 semaines de vie, on reste au niveau de la pataugeuse…il n’y a rien de profond/vraiment élaboré dans ce reportage.

Introduction

Un documentaire sur la nutrition ne serait pas un vrai documentaire sans…une…nutritionniste? Afin de commencer son aventure sur une bonne base, Rachael consulte donc une nutritionniste pour en connaître plus sur le végétalisme.

Après avoir défini ce qu’est un végétalien, la nutritionniste précise que le corps déteste le changement et que changer son alimentation peut causer une baisse d’énergie, des problèmes de digestion, de la diarrhée ou de la constipation. Elle ne précise cependant pas que ces problèmes peuvent aussi être intimement reliés à une importante consommation de gras jumelé à une faible consommation de fibres. Bien sûr, il est possible que des changements soient observés lors d’un changement d’alimentation, mais ils ne devraient être que temporaires et ne devraient pas être une justification pour abandonner le projet…

Notre spécialiste mentionne également que l’alimentation végétalienne peut être bénéfique uniquement si elle est bien contrôlée. Devrions-nous lui rappeler que tout type d’alimentation devrait être contrôlée, variée et équilibrée? Nous savons tous ce qui arrive à ceux qui mange de la malbouffe 5 fois par semaine…

Jour 1

Lors de sa première journée dans l’aventure, Rachael se rend à l’épicerie pour faire le plein de victuailles. Son constat: les produits végétaliens sont plus chers. J’ignore très sincèrement de quoi ont l’air les prix des aliments en Europe, mais ici, je n’ai pas encore vu de pommes de terre, de riz et de légumineuses plus chers qu’une boîte d’ailes de poulet. Corrigez-moi si j’ai tord.

Nous n’avons qu’un aperçu de son souper consistant en des pâtes et une sauce tomates. Elle mentionne être curieuse d’essayer les pâtes végétaliennes…ce qui m’étonne parce que la plupart des pâtes sèches ne contiennent pas de produits d’origine animale et goûtent…les pâtes. Elle termine également sa journée en disant ne pas se sentir rassasiée. Erreur typique qui se corrige facilement en apprenant à écouter son corps et en suivant une règle toute simple: manger quand on a faim et s’abstenir quand on est plein. Je deviens poétique.

Jour 2

Hourra! Rachael nous partage ces trois repas! Pour déjeuner, un bol de muesli avec du lait de soya. Aucun fruit. Déception. Pour dîner, une pomme de terre avec des haricots. C’est un plat qu’elle mangeait déjà et n’est donc pas un grand changement pour elle. C’est une bonne combinaison, on approuve. Finalement, pour le souper, des frites avec des saucisses…peu excitant.

Jour 4

Oui, vous avez bien lu, il manque des jours. Je vous l’ai dit, on n’a que 25 minutes! Rachael se sent léthargique, peut-être dû à l’absence de variété des premiers jours…J’hypothétise de façon absolument gratuite. Elle reconnait avoir remarqué qu’elle mange plus, mais une variation de son poids lui titille l’esprit.

Jour 5

Rachael soulève la «problématique» d’être végétalien au travail. Son lunch était en fait composé de plusieurs petites collations. Une pomme de terre et des haricots, ça rentre dans un Tupperware, dans mon livre à moi…

Elle discute brièvement (25 minutes, je vous le rappelle) avec deux végétaliens, ce qui amène des points de vue différents. C’est pertinent.

Jour 9

Rachael est allé au resto! Ce n’était pas rose. Pour deux raisons. Tout d’abord, elle a regardé tous ses amis s’empiffrer de viande et deuxièmement, elle a trouvé des options végétariennes, mais était inquiète de pouvoir manger quoi que soit qui serait végétalien. Je crois que c’est une crainte présente chez plusieurs nouveaux végétaliens, mais qui heureusement s’estompe progressivement. Avec le temps, il ne faut pas hésiter à questionner les serveurs sur les différentes options possibles et ils peuvent même vous offrir une concoction qui n’apparaît pas sur le menu. Elle a soulevé un bon point.

Puisqu’elle ne semble pas s’être aventurée sur le chemin parfois cahoteux du dialogue avec le serveur, elle a également mentionné être inquiète d’avoir consommé un produit qui aurait pu contenir des œufs. On apprend à être conciliant avec soi-même et c’est une crainte que j’ai personnellement ressentie au début. Comme je l’ai dit dans un précédent article, rien ne sert de se flageller si on commet une erreur, simplement d’en retirer quelque chose!

Conclusion

Ce qu’elle retient de ces deux semaines: passer de mangeur de viande à végétalien n’est pas à prendre à la légère. Ce qui n’est pas faux, car cela implique de s’informer et (idéalement) de se perfectionner dans sa cuisine.

Elle a trouvé l’expérience très éprouvante et bien qu’elle ait rencontré des gens qui semblent bénéficier de ce mode de vie, elle en est plutôt ressortie léthargique et fatiguée.

Elle termine en disant ne pas croire à l’éthique derrière le végétalisme, ce qui a rendu ce changement très difficile.

Ça finit de même.

Verdict

À mon avis, le reportage manque cruellement de profondeur. Sauf respect.

Je crois que Rachael est tout de même restée honnête dans les impressions et commentaires qu’elle nous livre et soulève quelques problèmes qui peuvent effectivement être vécus par nombre de nouveaux végétaliens et c’est probablement ce qui fait que le reportage n’est pas tout à fait impertinent.

Par contre, terminer le reportage en disant qu’elle ne croit pas à l’éthique derrière le végétalisme me laisse sans voix. Ça termine le reportage en queue de poisson (que c’est drôle cette petite ironie!) .

Bref, que vous soyez curieux d’en apprendre plus sur le végétalisme ou en quête de l’illumination ultime, vous pouvez passer votre tour.  Rentabiliser plutôt ces 25 minutes pour apprendre à tricoter, faire un peu de zumba ou plier du linge.

Namaste!

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