Bouffe et placotage Tome II

Vous savez cette envie viscérale de cracher nos émotions/frustrations/envies-de-dévisser-des-têtes sur nos proches à la fin d’une longue journée de travail? On appelle ça ventiler.

Normal.

Sain.

Nécessaire.

C’est ici que ça se passe.

Pour rendre le tout agréable, j’entrecroise de photos de bouffe. Ça vous va?

Réchauffer votre café, on part.

Votre premier Bouffe et Placotage? Le concept est simple: si vous voulez entendre parler de bouffe, lisez l’écriture en italique. Si vous voulez jaser de tout et de rien, visez l’écriture drette. Pour un maximum de plaisir, lisez tout.

Je suis de retour au travail depuis quelques semaines déjà et ça ne réveille en moi que très peu de sentiments agréables.

Non honnêtement, ça ne me fait pas plaisir.

Ça me fait chier.

J’ai réussi à m’auto-payer 6 semaines de salaire pour prolonger mon congé de maternité parce que j’ai bien géré mes affaires avant de partir et que j’ai réfléchi à mes dépenses. Quand on sait que plusieurs familles vivent de paye en paye, je me félicite.

Si j’avais pu, je ne serais pas retournée dans mon cube beige.

Genre jamais.

J’ai été élevée par des parents qui ont pris la décision de ne pas travailler tous les deux. Lire ici que mon père pourvoyait le pain et le beurre et ma mère les cuisinait.

Aujourd’hui, je me rends compte du privilège.

Pour ma mère.

Et pour ses enfants.

Sentez-vous, vous aussi, cette crampe au ventre?

Ce n’est pas l’émotion qui vous prend, c’est la faim. Le mélodrame avant le déjeuner, ça se digère mal.

Déjeuner

J’y reviendrai un peu plus loin, mais les déjeuners sont maintenant prévus et préparés d’avance. Ainsi, aucun zombie n’est pris au dépourvu au moment de commencer la journée avec de bons aliments. Puisque Miniature mange comme nous et que les bambins apprennent beaucoup par observation, j’ai dit adieu à mon sacro-saint smoothie matinal.

La plupart du temps, du moins. J’en fait un par semaine, le lundi. Je me rends compte que je n’aime pas déjeuner avec autre chose que du liquide semi-épais…Ce qui est potentiellement une bonne chose puisque ça diversifie mon alimentation. Tsé…les carences.

Le déjeuner d’aujourd’hui consiste donc en…roulements de tambour…des toasts au creton!

cretons avec bonhomme sourire

J’adore ma recette de cretons maison à base de lentille. De loin l’alternative la plus ressemblante au produit «traditionnel». 

Quand je m’y mets, j’en fais une méga batch, mais il arrive que le temps me manque ou qu’une envie soudaine de cretons me prends. Je me rabats alors sur la marque Porat. Pas excellent. Ni dégueu non plus.

Ce que je déteste le plus de ce produit? Quelqu’un peux m’expliquer comment ouvrir ce genre d’emballage sans perdre toute ma sanité?! Tes ciseaux finissent tout crottés, c’est salissant…on dirait une vieille capote à cretons.

Végé cretons

Revenons à notre mélodrame.

En discussion avec le Papa de Petit-Humain, nous/je en sommes venu à la conclusion que le système actuel imposé à notre jeunesse est flabergastante.

Oui, oui. Flabergastante.

Les places en CPE sont limitées, aucun secret là-dedans. Prévois mettre ton nom sur la liste d’attente quarante-douze ans avant d’avoir l’obscène pensée de te reproduire. Si tu optes pour une garderie privée et contracte une cinquième hypothèque sur ton cabanon, le gouvernement, dans toute sa gentillesse, te verse mensuellement un crédit d’impôt anticipé. Si ta garderie s’adonne à être subventionnée, l’état paye la différence privé-CPE. Un petit sondage non-crédible avec ma voisine et moi-même comme échantillon m’a permis de constater que ça te coûte autant sinon moins qu’un CPE.

Je réfléchis tout haut…ne serait-il pas mieux de donner tout ces sous aux mamans/papas qui veulent rester auprès de leur rejeton? Ce que tu acceptes de me rembourser, donnes-le moi et je resterai avec mon kid.

J’ai lu un article (vieux de 8 ans, vous me direz) qui rejetait du revers de la main la possibilité d’aider les mères qui veulent rester au foyer. Certes, cela implique des considérations économiques sur lesquelles je ne me m’attarderai pas parce que j’ai fait mes maths fortes et c’est tout. Faire des calculs, ça me donne chaud aux aisselles. La première chose qui me trouble de cet article: son auteur considère que payer les femmes pour qu’elles restent à la maison «irait à l’encontre de plusieurs décennies d’efforts visant à améliorer la position des femmes à l’intérieur comme à l’extérieur du foyer.» De deux choses l’une: si c’est ce que la mère désire, où est le mal? Ensuite, pourquoi être si peu inclusif? Si c’est papa qui veut rester à la maison, why not coconut? À moins que cela ne l’émascule…#franchement #UnBebeCaSeFaitADeux.

Enfant et parent debout

Ce billet juge l’idée rétrograde sur le plan social. «Une bonne garderie fait acquérir aux enfants des aptitudes cognitives, comme écouter, observer, parler, dessiner, compter, lire et écrire. Elle leur apprend aussi la patience, la persévérance, la responsabilité, la discipline, l’estime de soi, la capacité d’interagir avec les autres, la générosité et la maîtrise des émotions».

Je trouve ça bizarre, mais me semble que ça fiterait dans la section compétences à transmettre de la définition de tâche du parent… J’dis ça de même.

C’est. Ta. Fucking. Job.

J’lui concède que le parent assis sur son cul à regarder Family Guy pendant que son p’tit mange de la pâte à modeler panée à la litière de chat serait mieux d’envoyer son enfant dans une bonne garderie. Des parents incompétents, y’en a eu. Y’en a. Et y’en aura toujours.

S’il faut en parler d’argent, parlons-en. Apparences que ça coûterait une p’tite fortune de laisser un parent à la maison. Avec les technologies qu’on a à notre disposition, pourquoi ne pas favoriser le travail à la maison? À temps partiel?

J’y crois pas qu’il n’y ait pas de solution.

Tout un débat pré-dîner. Cette réflexion m’a donné faim.

Diner

La semaine, Miniature dîne à la garderie tandis que je mange les restes du souper de la veille ou l’avant-veille…bref ce qui reste dans le frigo!

Assiette de restes

Je pourrais vous complexer avec un magnifique Buddah bowl plein de super-aliments, cru, bio, sans gluten, sans gras, sans sel et sans plaisir. Comme Instagram sait si bien le faire.

Mais non. Chez nous, quand on fait d’la bouffe, on en fait pour le lendemain. Pis des fois, le surlendemain. Pis des fois, ça fait des photos moins cute. Et des set-up 3/4 femme enceinte.

Dans cet assortiment de restes: des frites congelées qui datent de la poutine de la fin de semaine dernière, une salade d’un resto de fast-food extra olives vertes et des pâtes à l’ail façon Sidekick. Dans mon jeune temps, j’adorais les raffaello crémeuses à l’ail. Le faire soi-même n’a rien de sorcier et, comme la version originale, une fois réchauffé, ça se dessèche tels les génitaux d’une centenaire.

Je suis pas très gentille quand j’ai l’estomac vide…

Je redescends de mon nuage tout noir…J’ai une gardienne qui sait ce qu’elle fait et que Miniature apprécie (même si ça me fait mal au cœur parce que ça devrait être moi sa préférée :P) en plus de servir des repas uniquement végétaliens et faits maison. Je ne l’échangerais pas. Sauf contre une place à la maison.

Faut que j’avoue que jongler avec l’horaire de garderie et celui de la job, c’est fucking contraignant. Je suis géographiquement dans la merde aussi…mais c’est une autre histoire. Tout ça pour dire qu’on a pas beaucoup de temps le matin pour se préparer et le scénario se répète le soir en arrivant. Voici le topo:

  1. Arrivée à la maison avec un Petit-Format déjà affamé: entre 17h et 17h30 en fonction du trafic et de la potentialité de temps supplémentaire imprévu.
  2. Début de la routine du dodo: 18h30 (un peu plus tôt si bébé prend un bain)
  3. Heure du coucher: 19h

Si, vous aussi, vous avez fait vos maths fortes, vous avez remarqué que j’ai entre 1h et 1h30 pour décompresser, jouer, faire le souper, souper, faire un peu de vaisselle et aller marcher avec le chien.

Lire ici que l’option décompresser a due être remerciée de la carte.

Avec Miniature dans les parages en quête de nourriture et d’affection, je n’arrive tout simplement plus à cuisiner la semaine. Impensable. Stressant. Perte de temps de qualité.

Alors?

Je mange tout congelé maintenant. Je n’achète que des plats préparés bourrés de sodium à un prix exorbitant pour la portion de nain au régime que ça donne. Je n’ai pas le choix. Même si ça me fend le cœur.

Reine des neiges qui expire

Vous m’avez crue?!

C’était une boutade! J’vous ai bien eu!

La réalité? Je consacre une journée de la fin de semaine à préparer les soupers de la semaine. Et je me suis organisée à la Martha Stewart. J’utilise un fichier Excel dans lequel je répertorie mes recettes en plus de planifier 5 semaines de repas (éventuellement plus), un onglet par semaine. J’y inclus une liste d’épicerie complète en plus des étapes de préparation à suivre pour optimiser mon temps.

On m’aurait dit il y a quelques années que je serais ce genre de fille qui meal prep que je me serais étouffée avec ma salive.

En toute franchise, je ne vois pas d’inconvénient à adopter cette méthode. Ça me libère un temps fou les soirs de semaine, m’empêche d’angoisser et de presser le pas à Ti-Homme en plus de pouvoir apprécier ma cuisine. Si Miniature a envie de jouer tout seul, fine. S’il a envie de se coller, on cuisine ensemble. Une merveilleuse expérience pour lui.

Il n’y a que pour le samedi où je ne prévois rien. Soit des restes, soit on soupe chez des amis, soit on cuisine de la poutine maison.

Mmmmmm…poutine…

Souper

Dans la plupart des cas, il ne me reste qu’à réchauffer, gratiner ou faire cuire des pâtes pour que le repas soit prêt. Une affaire de quelques minutes qui ne nécessite pas toute mon attention. J’en profite alors pour jouer avec Modèle-Réduit. Sachez que j’ai aussi réappris à aimer mon lave-vaisselle…même s’il donne l’impression d’être une contrôleuse au sol dans un aéroport. Comprendre ici que ce laveu fait un bruit infernal.

Pour souper, Petit Humain et moi avons concocté ce truc:

Wrap étoile croustillant

Un wrap étoilé croustillant? Une bouette mexicaine dans un tortilla grillé? Je ne sais pas trop…Cette chose contient de la crème sure de cajous, de la guacamole, des tomates, de la laitue et du faux-poulet.

Pour le servir DME-style, j’ai grossièrement coupé!

Nid chaud de touski?…

Et puis, le défi minimaliste?

Vous en êtes sorti vivant?

Tant mieux!

Pour ma part, je n’ai pas assez désencombré à mon goût. Je ne m’auto-flagelle pas pour autant, car le minimalisme est un work-in-progress, du moins pour un certain temps. Une fois les objets et/ou personnes futiles sorties de notre vie, suffit d’être attentif à ce qu’on y laisse entrer.

Sur Facebook, je vous avais parlé d’une application que je testais pour aider à mieux gérer ma garde-robe. Pas que j’en ai vraiment besoin…

J’achète beaucoup moins spontanément. Si j’ai besoin de vêtements, j’opte pour des coupes et des couleurs intemporels.

Oui, j’ai vu que les pattes d’éléphant reviennent doucement à la mode.

Non, je ne vais pas en acheter.

Le jaune moutarde?

Le seul endroit où j’aime ça, c’est dans un burger.

Alors, cette application? Elle s’apelle YourCloset.

Ce que j’en pense?

C’est bien, mais demande un certain investissement temporel avant de pouvoir exploiter son plein potentiel.

Dans ce garde-robe virtuel, vous pouvez inventorier vos vêtements, créer des agencements, planifier vos ensembles dans un calendrier, obtenir des statistiques (la dernière fois que vous avez porté ce pantalon en velours côtelé brun, mettons…), préparer vos valises et j’en passe.

Mais avant de pouvoir faire tout ça, il vous faut prendre vos vêtements en photo. Si vous êtes comme moi, vous voudrez éditer vos photos pour rendre les backgrounds uniformes et rendre justice à vos guenilles…et c’est time consuming.

Considérez-vous prévenu.

Ça donne envie de ne pas avoir beaucoup des dites guenilles…question de rendre le processus moins chiant long.

Somme toute, j’aime bien. Je peux planifier mes ensembles une semaine à l’avance, m’évitant le terrible syndrome matinal du garde-robe blanc (petit cousin éloigné de la page blanche). Si je manque d’inspiration, je peux scanner un vêtement et l’application me suggérera des idées en fonction de la couleur. Au bout de quelques mois, je me débarrasserai facilement des morceaux inutilisés sans aucune remise en question.

Le défi m’a ausi fait découvrir le slow living. Notre modèle sociétal est construit sur le fait que le temps, c’est de l’argent et que chaque seconde doit être utilisée à son plein potentiel. Plus tu es performant et rapide, plus cool tu es.

T’as l’impression d’avoir bien gérer tes affaires et avoir réalisé 1000 choses aujourd’hui?

Ben t’en n’as pas assez fait!!!

C’est les Italiens qu’il faut remercier pour cette ligne de pensée. C’était d’abord une contestation contre le fast food. Le mouvement slow préconise des aliments (tenez-vous bien, c’est un acronyme):

S: sustainable (durables)

L: local (locaux)

O: organic (organiques/biologiques)

W: whole (entiers)

Plutôt que de la copier impunément, je vous suggère cette petite lecture de Paola Akl Moanack sur le sujet: Le slow living ou comment vivre le moment présent et profiter de l’existence!

Escargot

Z’avez vu? Y’a pas de collations dans ma journée. Je n’ai pas encore pris l’habitude d’en manger, mais je me soigne tranquillement!

Malgré que je n’ai pas fait le tour de tout ce dont je voulais discuter, je m’arrête ici. Restez à l’affût de la prochaine édition!

Soyez ben à l’aise de ventiler dans les commentaires que ce soit à propos d’un sujet abordé dans l’article ou n’importe quoi d’autre. Je vous l’ai dit: ventiler, c’est libérateur!

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