La diversification menée par l’enfant

Votre bébé approche les six mois. Vous avez les seins rodés et/ou une routine de nettoyage intensif de biberons ultra-perfectionnée. Mini-humain devient insatiable.

Il est temps de déclarer ouverte la saison de la purée. Avec son incessante eau bouillante. La fucking marguerite à peu près pas lavable. Le blender infatiguable (mais qui finit quand même par sentir un peu le brûlé). Les bavettes tachées de brocoli. Le dit brocoli sur le plancher.

Dans les rideaux.

Dans vos cheveux.

Partout. Sauf dans la bouche de ce petit miracle de génétique.

Vous vous êtes tant faite chier à préparer cette purée de brocoli doublement tamisée.

«Appréciiiiiiiiiies-la!»

Pas important dans la vie d’un bébé, les premières bouchées doivent être célébrées plutôt que représenter un labeur intensif entrecroisé de précautions trop…précautionneuses?!

Parce que finalement, nourrir un poupon, c’est tout con!

L’origine des purées

Purée pour bébé

À mon humble avis, utiliser la tradition pour justifier la continuité d’une façon de faire ne vaut rien. Ce n’est pas parce que nos parents nous ont nourris à la purée que c’est la seule méthode. Cela ne signifie pas non plus que les purées pour bébé sont l’ennemi à abattre. Personne n’a la science infuse.

Il existe simplement plus d’une façon de bien faire les choses.

Sautons dans la machine à remonter dans l’temps du Dr Frink afin de comprendre pourquoi les bébés sont nourris avec des aliments en purée depuis des générations.

L’absence quasi-totale de recommandations formelles quant à l’introduction des aliments solides  rend la création d’une ligne du temps un peu tordue, mais pas impossible. Avant le 19e siècle, cette sagesse se transmettait de mère en fille, laissant peu de trace écrite outre une poignée de récits et des œuvres d’art représentant des scènes de repas familiaux.

Un constat: l’introduction de solides semble influencer (ou être influencée par) l’allaitement maternel.

Pendant l’Antiquité, le colostrum était considéré comme impropre à la consommation humaine. On le voyait comme un dérivé dégueu du sang utérin. Le temps nous a permis de découvrir que le colostrum=de l’or en barre.

Puisque le premier lait n’était pas offert aux nouveaux-nés, les mères faisaient jeûner leur rejeton pendant quelques jours ou leur offraient des bouillies alternatives. Ensuite, l’allaitement était exclusif pendant 6 mois. On conseillait alors l’introduction de croûtes de pain (manges tes croûtes fiston!), de vin dilué (pardon!?), de la soupe et des œufs.

L’introduction des solides après l’apparition des premières dents n’arriva qu’autour du 16e et 17e siècles.  À partir de 1550, on offre de la volaille au bébé de 15 mois et de la viande quand il atteint 2 ans.

Au début du 19e siècle, les femmes recourent fréquemment aux «wet-nurses». Les parents engagent ces femmes pour qu’elles allaitent leur bébé. Concept weird, j’vous le concède.  Pourquoi utiliser les totons d’une inconnue si les tiens sont fonctionnels? Avec le déclin de cette mode, les médecins suggèrent aux mères un horaire strict d’allaitement. Bar open selon une fréquence et une durée auxquelles déroger mène droit en enfer. Résultat? Les femmes peinent à produire suffisamment de lait et doivent se rabattre sur des produits alternatifs.

Lors de la révolution industrielle du 19e siècle, les femmes commencent à travailler et s’émancipent: bonjour biberons et laits infantiles.

La vitamine D devient la norme pour éviter le rachitisme au 20e siècle. Alors populaire sous forme d’huile de foie de morue, on la recommande encore aujourd’hui au moins pour la première année de vie. Ce siècle commence de façon chaotique en terme d’introduction des aliments.

Fucking précoce:

  • Céréales au 2e ou 3e jour de vie
  • Légumes au 10e jour
  • Viande au 14e jour
  • Fruits au 17e jour
  • Jus de fruits et de légumes dès les premières semaines
  • Sardines, thon et crevettes vers 4-6 semaines

Autour des années 60, le bordel s’estompe, mais bébé bouffe tôt, vers 3 mois. Les spécialistes reconnaissent que les bébés doivent pouvoir mastiquer leur nourriture pour développer leur aptitude à manger. La croyance populaire qu’un bébé doit être habitué à de la nourriture pré-digérée avant de mastiquer bien ancrée dans les cervelles, les purées sont introduites de bonne heure pour respecter le deadline des 6 mois!

Fait observable: le moment opportun pour introduire les aliments complémentaires ne découlait pas du feeling des parents. Médecins, philosophes et ecclésiastes…déjà y’avait une foule de personnes qui se mêlaient de tes affaires!

Alors? Vous êtes mêlés? Pas surprenant puisque l’histoire a tout fait pour brouiller les pistes.

Aujourd’hui encore, certains médecins recommandent d’offrir des solides à des bébés aussi petits que 3 ou 4 mois. D’autres mettent en garde contre les risques de donner autre chose que du lait maternel à un rejeton de moins de 6 mois.

Seul consesus?  L’allaitement maternel doit être encouragé pour les 6 premiers mois.

Alimentation précoce et microbiote

Vous ne mettriez pas un produit pour la pousse de cheveux sur le crâne de votre bébé chauve pour accélérer le processus, n’est-ce pas?

Et bien figurez-vous que nourrir un bébé trop tôt reviendrait potentiellement au même!

Des recherches concluent qu’introduire les aliments solides précocement bouscule le développement du microbiote infantile.  Les bambins s’exposent alors à une plus forte probabilité de souffrir de divers problèmes de santé comme  le diabète, les allergies et l’obésité, entres autres.

Avec tout ce qu’on sait aujourd’hui sur le micobiote (dans mon temps, on appelait ça la flore intestinale) et son impact considérable sur notre santé générale, aussi bien en prendre soin dès le départ de cette petite bête-là…

Si vous avez introduit les aliments solides avant que votre bébé ne soit réellement prêt, ne vous infligez pas 620 minutes punitives dans le coin. Votre mini ne va pas mourir dans la seconde ni demander son émancipation. Consultez le doc de votre Einstein-Spatule et glissez les mots «pré» et «pro-biotiques» pendant la conversation. Leurs effets seraient formidables pour rétablir une flore embrouillée!

À titre informatif, «microbiote» vaut au minimum 15 points au Scrabble. Ça vous fera peut-être gagner, mais vous aurez l’air culturé à souhait.

Les avantages et inconvénients des purées

Pour le bien de l’exercice, considérons qu’on décide de nourrir un rejeton fictif, prénommé Einstein-Spatule pour faciliter la lecture, avec des purées servies à la cuillère à partir de 6 mois.

Einstein-Spatule est en santé, plus souvent qu’autrement souriant, un bon péteur et n’a pas de problème de santé. Un bébé normal, quoi.

Avantages à nourrir Einstein-Spatule à la cuillère

  • Plus de mystère sur l’endroit où termine la purée (dans la bouche du bébé et non par terre).
  • Contrôle sur la quantité de nourriture ingérée par Einstein-Spatule.
  • Réduction du stress quant au risque d’étouffement parce que…sérieux…s’étouffer avec du manger mou c’est d’une tristesse!
  • Développement accru de vos compétences en bruitage et mime (avion, porte de garage, hélicoptère, etc.)

Maman qui nourrit son bébé à la cuillère

Inconvénients à nourrir Einstein-Spatule à la cuillère

  • Moins d’opportunités de développer la mastication, compétence importante pour le développement du langage, une bonne digestion et une alimentation sécuritaire.
  • Le réflexe de haut-le-cœur, à l’avant de la bouche à cet âge, est by-passé par la cuillère qui va directement dans le fond du gorgotton. Einstein-Spatule n’apprend pas à gérer ce réflexe en bougeant la nourriture dans sa bouche.
  • Einstein-Spatule ne contrôle pas la quantité d’aliments qu’il mange ni la vitesse du repas. Cela interfère avec la reconnaissance de ses signaux de satiété: il peut manger plus que nécessaire.
  • Plus de nourriture en purée signifie moins d’appétit pour le lait représentant l’aliment le plus complet pour la première année d’Einstein-Spatule.
  • Einstein-Spatule et ses comparses bébés apprennent mieux avec peu ou pas de distraction pour explorer leur monde. Rien de plus amusant que de pouvoir manipuler une variété de texture. En sachant que vous lui faites confiance, Einstein-Spatule aura confiance. On ne force pas un bébé à marcher, on lui donne des opportunités de développer cette compétence…la même philosophie devrait s’appliquer à l’alimentation.

Les principes de la DME

La diversification menée par l’enfant est d’une simplicité outrageante.

L’expliquer=fafa bébé.

Vient un moment dans la vie d’un bébé où l’on introduit des aliments complémentaires. Z’avez vu le gras? Il met une emphase. Parce que c’est important, ok!?

Les aliments solides devraient être introduits de manière à venir compléter l’allaitement ou la préparation et non pour la bumper du jour au lendemain. C’est le début du sevrage.

Leur complémentarité fait que toute cette nouveauté gastronomique doit être offerte après le lait (sous forme d’allaitement ou de préparation). Un bébé affamé (ou fatigué) n’aura pas de fun à s’asseoir à table avec de la bouffe parce qu’il ne sait pas encore que cela peut combler son appétit.

Si Einstein-Spatule n’a pas de fun…vous n’en avez pas vous non plus.

L’inspiration derrière la DME est de laisser le bébé décider à quel moment et à quelle vitesse se fera le dit sevrage, en mettant toute notre confiance en ses capacités et son instinct…comme on le fait pour les autres étapes du développement infantile.

A contrario, la méthode de nourrir un bébé à la cuillère pourrait s’appeler «diversification menée par le parent».

Comme mentionné, l’historique de l’alimentation des petits humains est truffée de trous, mais plusieurs indices laissent à croire que la DME n’a rien de si récent. De nos jours, on le remarque dans les familles de plusieurs enfants: on est très prévenant avec le premier (parce qu’on n’y connait que dalle). On se donne du leste avec le deuxième et si bébé de 8 mois veut les patates douces de ses aînés, go for it!

#yolo!

Les avantages et inconvénients de la DME

Avantages à nourrir Einstein-Spatule façon DME

  • Einstein-Spatule suit son instinct naturel et explore son monde sans pression.
  • Il apprend à distinguer les textures, les formes et les saveurs.
  • En mettant différents aliments dans sa bouche, il apprend à gérer sa mastication en fonction de la grosseur de l’aliment et de sa dureté, ce qui lui inculque un réflexe de sécurité.
  • Einstein-Spatule participe aux repas familiaux qui, au début, ne nécessitent que de petites modifications.
  • Découlant du point précédent: vous passez moins de temps en cuisine puisqu’un seul repas (et non 24 000 purées) est préparé.
  • Épanouissement de son potentiel moteur: en agrippant les aliments pour les porter à sa bouche, Einstein-Spatule développe sa coordination œil-main. Les différentes tailles et textures renforcent sa dextérité et l’action de mastiquer (plutôt qu’uniquement avaler) fait travailler ses muscles faciaux utiles à la parole.
  • Ayant l’opportunité de manger lui-même, à sa vitesse et de décider quand il en a assez, E-S prend confiance et développe de bonnes habitudes alimentaires en gérant son appétit.
  • Appelez ça un dommage collatéral, mais étant donné que vous mangerez la même chose qu’Einstein-Spatule, affamé de bons nutriments, vous devrez remettre vos propres habitudes alimentaires en question et potentiellement faire de meilleurs choix!
  • La tendance démontre que les enfants comme Einstein-Spatule deviennent de meilleurs mangeurs…c’est-à-dire moins difficiles…c’est-à-dire que vous n’avez pas à cacher le brocoli sous une montagne de Cheez-Wiz ou de découper les toasts en forme de face souriante.
  • Manger à l’extérieur est plus facile considérant que la plupart des restaurants offrent quelque chose de convenable.
  • Économique.

Bébé tenant un avocat

Inconvénients à nourrir Einstein-Spatule façon DME

Avec tant d’avantages, y a-t-il le moindre inconvénient!?

Meuh oui. Y’a toujours deux côtés à une toast au beurre d’arachide!

  • Un bordel. Soyons francs. Nourrir à la cuillère aussi est salissant. Encore plus quand bébé Einstein-Spatule décide de se nourrir lui-même. Avec la DME, le mess arrive tout de go. Et il dure généralement moins longtemps. Finalement, c’est pas vraiment un inconvénient…
  • Les autres seront inquiets. C’est une méthode encore peu discutée, un peu mystifiante pour le néophyte qui voudra tout de suite devenir expert en nutrition…comme quand vous êtes devenu végane.
  • La crainte de l’étouffement. Celui-là mérite sa propre section, chéckez ben.

La crainte de l’étouffement

Mettons tout de suite une chose au clair: la diversification menée par l’enfant n’augmente pas le risque d’étouffement par rapport à l’alimentation puréenne. Au contraire.

Mettons une deuxième chose au clair: il y a une différence entre l’étouffement et le réflexe nauséeux.

Chez un adulte, ce réflexe est loin dans la bouche. Il faut s’enfoncer un doigt dans la bouche pour le déclencher..v’savez…ok oubliez cette image.

Chez le bébé, ce réflexe est beaucoup plus avancé sur la langue et tient loin de la gorge les morceaux trop gros qui risqueraient de bloquer l’accès aux voix respiratoires. Ayant l’opportunité de mettre différentes formes, textures et grosseurs d’aliments dans sa bouche, le bébé-DME apprend à gérer ce réflexe. Il reconnait ce qui est sécuritaire à ingurgiter. Lors d’un haut-le-cœur, l’aliment reject sera projeté vers l’avant de la bouche et en sortira. Peut-être avec un peu de vomi.  Bébé va continuer de manger comme si de rien n’était. Il s’agit d’un réflexe de sécurité nécessaire. Si un aliment passe les douanes buccales illégalement, il se peut qu’Einstein-Spatule tousse pour l’interpeller et le kicker out. Sachez qu’il est un douanier impardonnable.

On parle d’étouffement lorsque les voies respiratoires deviennent partiellement ou entièrement bloquées (par un aliment et/ou un Lego). Une obstruction complète empêchera Einstein-Spatule d’émettre des sons. Votre présence à table avec lui est ainsi justifiée.

L’important: rester calme pendant les repas et éviter les distractions comme la télé. Si bébé-DME se met à tousser, le secret est d’observer sans paniquer (ce que le bébé ressentira inévitablement). Vous pouvez tousser avec lui pour dédramatiser et l’inciter à continuer jusqu’à le morceau remonte.

Dans tous les cas et toute méthode d’alimentation confondue, un cours de RCR devrait être offert à tous les parents avant leur sortie de l’hôpital avec leur précieux.

Point barre.

Tiens, est-ce que je viens de faire une suggestion de promesse électorale?

Je m’emballe.

Bébé ne mangera pas assez/pas les bonnes choses

Une des règle d’or de la DME: ne pas fixer sans arrêt Einstein-Spatule pendant qu’il mange. V’savez…comme un parent hélicoptère…ou un apprenti hypnothérapeute…ou un psychopathe.

Vous allez vite devoir vous surveillez parce que c’est franchement fascinant de voir ce petit être se débrouiller tout seul.

Peu d’études viennent appuyer cette théorie, mais les jeunes enfants choisiraient instinctivement ce qui est bon pour eux et en quelle quantité. Dans les années 20 et 30, la Dre Clara Davis expérimenta cette hypothèse. Malheureusement, ses résultats ne peuvent pas être pris pour du cash, car l’exercice s’est fait à très petite échelle, soit sur une quinzaine d’enfants. Elle observa que les enfants à qui on laissait le choix entre plusieurs aliments sains se nourrissaient de façon équilibrée. Ces même aliments considérés bons offerts par les parents en suivant certaines consignes concernant la quantité, la méthode et le moment étaient majoritairement rejetés par le groupe d’enfants.

En ce qui concerne la crainte qu’Einstein-Spatule ne mangera pas assez; vous savez que c’est faux, mais vous ne savez pas encore que vous savez.

Je vous explique.

Quand Spaty (c’est son p’tit nom, Einstein-Spatule, ça devient interminable à écrire) prend le sein ou le biberon, il lâche tout quand il a fini, n’est-ce pas? Même s’il n’a pas bu ses 6 onces habituelles ou qu’il a pris un sein de moins…Rejeter le sein ou le biberon est le signe qu’il est rempli. Vous êtes d’accord? Bien sûr.

Miracle, il sait déjà tout seul qu’il n’a plus faim! CQFD.

Comme vous, son appétit varie et il ne mangera jamais la même quantité d’un repas à l’autre. Vous seriez fru qu’on vous offre une livre de bacon végétal alors que vous n’en voulez qu’une demie. Vous seriez encore plus marabout si vous avez marché toute la journée et que vous en avez besoin de deux.

Appelez ça l’instinct de survie, mais Spaty mangera à sa faim. Votre rôle: fournir de bons aliments et lui faire confiance.

Qu’en disent les autorités?

On a quarante-douze plateaux de gouvernements qui récoltent une grosse partie de notre salaire, autant bien jeter un œil sur leurs recommandations!

Santé Canada promeut évidemment l’allaitement comme source exclusive de nutriments pour les premiers 6 mois de vie et recommande qu’il se poursuive jusqu’à 24 mois. Du moins jusqu’à ce que la mère et l’enfant désirent continuer. C’est indiscutable puisque le lait maternel demeure la source alimentaire la plus complète qui soit pour le nourrisson.

Lorsque vient le temps d’introduire des aliments complémentaires, deux recommandations ont attiré mon attention.

  • favoriser les aliments à manger avec les doigts pour encourager l’enfant à s’alimenter lui-même (tiens, tiens…)
  • encourager l’enfant à boire dans une tasse ouverte, avec assistance au début (ah ouin…)

Voilà deux concepts bien propre à la diversification menée par l’enfant, bien que ces termes ne soient nullement évoqués par Santé Canada. L’organisme utilise plutôt l’expression «alimentation sensible aux besoins de l’enfant». J’avoue que j’adore cette tournure de phrase…peut-être plus que «diversification menée par l’enfant».

Changez «sensible» par «respectueuse» et vous avez mon vote!

Je sais que cet article est déjà fucking long (je suis une grande gueule littéraire), mais je vous encourage à consulter la section Une alimentation sensible aux besoins de l’enfant favorise l’acquisition de saines habitudes alimentaires du site de Santé Canada. On y recommande, grosso modo, la DME.

DME et végétalisme

Qu’on se le dise, les parents qui veulent élever un super-mini-humain-végétalien n’ont pas (ou très très très peu) de ressources.

Ce qui est rassurant, c’est qu’adopter ce mode de vie pour notre rejeton ne le met pas plus à risque de carences qu’un bébé omnivore. Pas plus que vous êtes plus à risque de mourir d’une carence en protéine que votre coloc qui déjeune avec 12 tranches de jambon au sirop d’érable et cinq œufs tournés-pas-pétés.

Faire les bons choix, voilà le secret.

L’alimentation autonome (oui, oui…il y a des synonymes à DME), laisse le lait maternel et/ou la préparation pour nourrisson en avant plan assurant ainsi un apport en nutriments essentiels optimal. Bébé délaissera de lui-même le lait pour s’alimenter principalement de solides, que vous lui offrirez avec variété afin de combler tous ses besoins nutritionnels.

Panier d'épicerie avec fruits et légumes

Bien sûr, l’arrière-grand-mère qui refuse de mourir et le voisin douchebag avec des oignons aux pieds remettront votre façon de faire en doute. Rappelez-vous que vous êtes le mieux placé pour prendre une décision et qu’en cas de doute, votre médecin (et non Google) devrait être votre référence.

On commence quand?

Je l’ai mentionné plus haut, il n’existe pas une seule bonne façon de faire les choses.

Mais faites bien les choses.

Le moment opportun pour commencer à diversifier l’alimentation d’Einstein-Spatule dépend de plusieurs facteurs:

  • Bébé peut se tenir assis sans assistance;
  • Il/elle est en mesure d’agripper  un objet et de le porter rapidement à sa bouche;
  • Einstein-Spatule vole une bouchée de vos patates pilées, la met dans sa bouche, la mastique et l’avale;
  • Petit humain a perdu le réflexe de repousser la nourriture avec sa langue pour la recracher.

Ces événements se produisent généralement autour de 6 mois. Parfois plus tard chez certains rejetons. Les débuts vous sembleront cahoteux et c’est vrai: votre petit explore plus qu’il ne mange.

Certains pogneront la twist très vite, parfois vers 9 mois. Mon miniature n’est devenu qu’un vrai gourmand vers 13 mois.

Bébé mangeant un dessert

Voilà.

2500 mots plus tard, vous connaissez la diversification menée par l’enfant. Je sais que tant Greta, la société, Google vous mettent la pression et vous bourrent à coup de «dans mon temps», «la majorité des gens», «votre bébé sera débile autrement» et que c’est ardu d’y voir clair. Avec un peu plus d’une année d’expérience derrière ma cravate parentale, j’en suis venue à la conclusion que la sur-abondance d’informations tue l’instinct. Sans pitié. Et c’est triste.

Permettez-moi ce simple conseil décliné en quatre sous-conseils:

  1. Il n’y a pas une façon unique de faire les choses, mais il faut bien faire les choses.
  2. Expérimentez.
  3.  Ne pressez pas les choses.
  4. Faites-vous confiance.

En respectant votre bébé et ses besoins plutôt qu’en voulant lui imposer des critères, des statistiques et des chartes, vous formerez une équipe d’enfer.

Pour plus de détails sur la méthode, je vous conseille de vous procurez (en seconde-main, puisque vous êtes minimaliste) le livre Baby-led Weaning: The essential guide to introducing solid foods and helping your baby to grow up a happy and confident eater de Gill Rapley et Tracey Murkett. Le sujet y est décortiqué en détail et toutes vous angoisses s’estomperont après cette lecture.

Il me fera plaisir de vous partager mes repas favoris à partager avec votre Einstein-Spatule dans un prochain article!

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