Je gaspille, donc je suis

Les spécialistes prévoient encore une augmentation du coût du panier d’épicerie de plus ou moins 3% au courant de 2016, alors ne serions-nous pas ingénieux de bien le rentabiliser, ce foutu panier d’épicerie? Parlons gaspillage alimentaire.

En janvier, on est toujours un peu plus morose…Les Fêtes ont été fatigantes, le retour au travail ne nous tentait pas forcément, la température est moche et on sait que le relevé de la carte de crédit s’en vient. Soit parce qu’on est rempli de bonnes intentions soit parce qu’on n’a pas le choix, on se dit alors qu’on va faire attention à nos dépenses et qu’on sera minutieux avec notre budget (si on en a un)…Souvent, par contre, une petite chose nous échappe : à chaque fois qu’on jette de la nourriture, désinvoltes que nous sommes, on jette aussi de l’argent.

Qu’est-ce que le gaspillage alimentaire?

De façon générale, ce sont les pays développés qui gaspillent le plus et on gaspille à tous les niveaux, de la production à la transformation en passant par la consommation. Inutile, à mon avis, de s’embêter d’une définition protocolaire et gouvernementale du gaspillage alimentaire. Le gaspillage, c’est faire un mauvais emploi, en tout ou en partie, de quelque chose et de dire qu’il est alimentaire suggère qu’on l’applique à un aliment. Simplissime.

Pourquoi on gaspille?

Si on se limite au secteur de la consommation et donc, à vous et moi, on gaspille pour une raison qui semble évidente : on gère mal nos emplettes. Voyez-vous d’autres raisons?

On achète en quantité industrielle parce qu’il y a un bon rabais et qu’on croit faire une bonne affaire, on ne planifie pas les repas, les plans changent et on l’a finalement pas mangé ce foutu topinambour!

En moyenne, chers québécois, nous jetons environ 770$ de nourriture par année. PLUS DE 700$! 7-0-0$ Si vous avez vraiment 700$ d’over arrêtez de le dépenser en épicerie et donnez-le-moi tout de suite!

J’ai un trou dans les poches, mais encore?

Gaspiller de la nourriture n’a pas pour unique effet de vous alléger le porte-feuille. À moins de vivre sous une roche (ou dans un monde de licornes), on sait que la production de nos aliments requiert l’exploitation d’une innombrable quantité de ressources, qu’elles soient temporelles, monétaires, naturelles ou humaines. Jeter de la nourriture équivaut à user sans réserve ces ressources. Imaginez qu’on vous demande d’organiser le mariage de votre meilleur/e ami/e. Vous allez investir du temps pour trouver l’endroit parfait, vous allez acheter pleins de p’tits trucs mignons pour décorer la salle, préparer et envoyer les invitations, composer un texte hyper émouvant pour la cérémonie et BOOM. Le mariage est annulé. Dommage. Perte de temps, d’argent et d’énergie.

Et il y a aussi des gens qui meurent de faim. C’est un fait…La grande quantité de nourriture consommée/gaspillée par les pays industrialisés n’est plus disponible (et ne le sera jamais plus!) pour les pays sous-alimentés…À titre indicatif, dans le monde, pour 800 millions de personnes mal-nourries, il y en a 300 millions qui sont obèses. Ça ne vous parait pas être un ratio disproportionné?

Votre mère a toujours raison

Je ne suis sans doute pas la seule à qui la mère a dit, enfant, de finir son assiette. Plus jeune, j’avais un appétit d’oiseau et j’ai souvenir de ma mère qui terminait ce que je n’avais pas mangé. Je n’ai aucune image de ma mère qui jetait de la nourriture. Aujourd’hui, quand un enfant ne veut plus manger, on lui dit de prendre un dernier morceau et on le laisse aller pour plus tard jeter les restes…

Sommes-nous si obnubilé par l’abondance? Est-ce que le gaspillage alimentaire est un vice moderne? Un vice de riche?!

pièces de monnaie

Laisser un commentaire

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *