Végétalisme rime avec minimalisme. Ou pas?

Ceci est un article sur le minimalisme.

(Je suis fière de mon intro…c’est la plus songée/travaillée ever. La preuve que moins c’est plus).

C’est en me confiant que son décodeur avait pété au frette et que le remplacer coûterait 400 quelques dollars que la gardienne de mon mini-homme m’a parlé de minimalisme pour la première fois.

Ç’a fait ding dans ma tête et j’ai vu défilé tous les morceaux de linge/de déco et/ou d’accessoires de cuisine que j’ai acheté impulsivement (inutilement) au fil des années.

Je me souviens quand j’étais ado, j’avais emprunté un livre sur la simplicité volontaire à ma mère avec les meilleures intentions du monde. Comprenez ici que j’ai lu deux chapitres (ok, deux pages) avant de retourner perfectionner mes compétences en équitation dans Zelda.

Je n’avais pas les mêmes priorités.

Aujourd’hui que j’ai une maison et que je suis dans l’adulterie jusqu’au cou, c’est différent.

Mon chum dit souvent qu’il voudrait un plus gros cabanon ou qu’il nous manque une pièce. La p’tite voix dans ma tête dit plutôt qu’on ne manque pas d’espace; on a trop de choses. Vous avez juste à ouvrir mon armoire à verres…on dirait qu’on vit dans une commune.

Y’en a assez pour un open bar pour la rue entière.

Je dois confesser que je suis in and out du mouvement depuis très longtemps. Mon engagement au minimalisme ressemble au cycle menstruel d’une fille qui arrête la pilule après une décennie: c’est imprévisible et quand ça arrive, ça fait mal.

J’ai donc décidé de m’y mettre. Pour de bon. Je ne pouvais cependant pas écrire un article sans faire de recherches sur le minimalisme au risque d’avoir l’air de la pire conne en ville. J’habite dans un village, alors tout le monde l’aurait vite su, j’aurais été obligée de déménager et refaire ma vie dans un autre pays. Tout un chiar.

Mais plus je cherchais, plus j’étais perdue.

J’avoue que j’ai fini par abandonner les recherches pour lire 28 articles pas rapport hors sujet.

Par où je fucking commence? Brûler la maison et repartir de zéro représente l’option optimale…mais ce serait choisir la facilité.

Aussi bien commencer par le début.

Le minimalisme, de kossé?

Mononcle Larousse dit que le minimalisme est la «recherche de solutions requérant le minimum d’efforts, de boulversements (par opposition au maximalisme)» Je ne peux pas croire qu’il existe un concept de maximalisme?! Faire compliquer quand on peut faire simple…ça fait très gouvernemental comme philosophie.

C’est très minimaliste comme définition et Larousse ne nous en apprend pas plus qu’il faut.

Déception.

Je vais vous en pondre une définition du minimalisme. Voici une liste (non exhaustive) des critères pour être minimaliste:

  • Vivre dans une maison n’excédant pas 800 mètres carrés d’aire habitable;
  • Ne posséder ni télévision ni micro-ondes ni téléphone intelligent. L’électricité est facultative;
  • Se couper soi-même les cheveux;
  • Avoir moins de 100 possessions (une paire de bas compte pour deux possessions);
  • Le mur accent dans votre salon est blanc «ours polaire». Les autres murs sont «blanc soyeux».

Ça vous donne pas du tout envie, hein? Tant mieux parce que ce n’est pas ça du tout le minimalisme!

Un peu de sérieux.

Le minimaliste pratique un art de vivre qui valorise la richesse intérieure plutôt que les richesses matérielles obtenues par la surconsommation qui est elle causée par notre envie viscérale de juger de notre valeur en tant que personne en fonction de la marque de notre voiture, du nombre de salles de bain dans notre maison, de notre salaire annuel  (même s’il implique qu’on ne voit plus notre famille, on s’en fout, on est riche!) et de la grosseur du diamant au doigt de notre femme (à qui on aura payé de nouveaux seins et un plus gros derrière). (Z’avez vu? C’était une phrase fucking longue.)

Si vous voulez de l’officieuseté, l’Office de la langue française définit la simplicité volontaire (de mèche avec le minimalisme) comme «un mode de vie consistant à réduire sa consommation de biens en vue de mener une vie davantage centrée sur des valeurs essentielles». Retenez celle-là; straight to the point.

V’savez quand on dit qu’il n’y a pas que la beauté extérieure qui compte? Ben ça rejoint un peu le même principe.

Avantages et inconvénients

Tout comme le végétalisme vous permettra d’améliorer votre santé globale, mais pourrait être à la source de quelques conflits avec vos proches, le minimalisme a du bon et du moins bon…

Avantages

  • Moins de dépenses pour des objets futiles/inutiles/qui-pognent-la-poussière, donc plus d’argent dans vos poches.
  • Moins d’encombrement, donc une routine ménagère simplifiée.
  • En passant moins de temps à rêvasser à la dernière bebelle sur Amazon, vous avez plus de temps pour…vivre!
  • Un environnement désencombré et moins stressant. Remarquez, le sentiment d’être dépassé par la vie s’accompagne souvent d’une maison en désordre. On se sent si léger après avoir fait du ménage…ce n’est pas sans raison.
  • Impact sur l’environnement minimisé par une consommation plus raisonnée.
  • Votre vie n’est plus encombrée par un tas de futilités, mais par les choses qui vous tiennent vraiment à coeur et vous pouvez vous y dédiez.
  • Reconnaissance de ce que vous avez déjà (de la bonne bouffe, un toit sur la tête, un entourage aimant, la santé). Ce qui compte vraiment…

Inconvénients

  • Vous devrez faire un grand ménage, pas seulement dans votre maison, mais aussi au niveau de vos relations, de votre travail, de vos priorités. Peut-être que des têtes devront tomber (mouhahaha!).

Comment devenir minimaliste?

Maintenant que l’on sait tous ce que c’est le minimalisme, comment l’atteindre? Si c’est comme le nirvana, on est dans la merde.

Désolée de vous l’apprendre aussi froidement, mais il n’y a pas de mode d’emploi.

Bien entendu, qui dit minimalisme, dit ménage. Le plus gros morceau est fort probablement votre habitation. Avant de débuter, aller lire cet articleIl vous donnera un bon point de départ pour faire le grand ménage. Pendant votre grand ménage, utilisez des boites «Jeter», «Donner» et «Vendre» pour trier rapidement vos objets.

Gardez en tête que choisir du sort d’un objet doit se faire en quelques secondes. Si vous hésitez à vous débarrasser de quelquechose, posez-vous les questions suivantes:

  • Est-ce que cet objet me rend heureux?
  • Quelle est la dernière fois où il a servi?
  • Est-ce que quelqu’un en ferait meilleur escient?
  • Est-ce que je le garde «au cas où»?
  • Est-ce endommagé et je vais le réparer…un jour (lire: jamais)?
  • Quelle est la pire chose qui arriverait si je n’avais plus cet objet?

De cette façon, vous réaliserez peut-être que vous gardez un ou des objets pour une raison futile et vous vous trouverez ridicule de l’avoir fait, ce qui est un pas dans la bonne direction!

Bien entendu, on ne part pas tous du même endroit et n’avons pas autant de travail à faire pour atteindre le nirvana.

Mais, il y a un mais!

Comme pour l’entraînement, c’est toujours plus motivant quand on a un buddy  pour nous pousser dans l’cul  motiver. Je vous propose donc d’embarquer avec moi dans ce défi de 30 jours vers le minimalisme! 

Yé!

30 jours vers le minimalisme

Il semble pertinent que je précise le point 27. Ce que j’entend par analyse du comportement d’achat, c’est de réussir à mettre des mots sur notre façon de consommer. Impulsivement? Sous pression? Quand on s’emmerde? Par loisir? Pour avoir mieux que le voisin? De cette façon, on peut identifier ce qui déclenche une folie magasinière et la substituer, par exemple, par une tasse de thé sur le balcon.

Si, par une magie noire quelconque, vous finissez quand même les deux pieds dans le centre d’achat, prenez une grande respiration et posez-vous les questions suivantes avant de donner votre cash à la caissière:

  • Cet achat comble-t-il un besoin de base ou une envie?
  • Cet article est-il le meilleur choix?
  • Possédai-je ti déjà un article similaire? (vous l’avez vue, ma tournure de phrase culturée?)
  • Puis-je payer l’article comptant?
  • Est-ce que j’ai le ventre plein?

Si votre réponse est négative à une ou l’autre de ces questions, reposez doucement l’objet à sa place, quittez discrètement le magasin sans lui tourner le dos, rentrez à la maison vous faire une tasse de thé et poser votre popotin sur votre balcon.

Cinemagraph_café

Être végétalien et minimaliste, obligé?

En tant que végétalien, on devrait techniquement être contre tout ce qui est «sur»: surproduction animale, surconsommation de produits transformés, surutilisation de pesticides et autres cochonneries, surcharge quand tu veux du lait d’amande dans ton fucking café (je m’éloigne, pardon).

Être minimaliste semble donc être un passage obligé. Tout comme le féminisme, l’environnementalise, et pleins d’autres belles qualités qui se termine en isme.

Mais comme le végétalien parfait n’existe pas (même si tu te crois plus fin que les autres Armand), je ne crois pas que cela vient de pair. Le minimalisme est plutôt comme un bon vin qui complimente à la perfection un fettucine carbonnara (la version végane, of course!).

C’est une plus value.

Un extra.

La cerise sur le sundae.

Éventuellement, on se rend compte qu’on peut fabriquer nos produits de nettoyage soi-même, que toutes les compagnies de cosmétiques ne sont pas véganes alors on choisi notre maquillage plus intelligemment…

Peut-être que le minimalisme est un passage obligé sur la route du végétalisme, mais j’imagine que cela dépend du niveau d’intérêt qu’on y met.

Fille_ecriture

Voilà. Nous y sommes. Nous avons vu en long, en large et dans les craques ce qu’est le minimalisme. Je les vois vos petits yeux de biche apeurée devant le dernier truck de votre vie…Pas de panique! Relaxez-moi ces paupières et décrispez-moi ces muscles travaillés. Pour vous aider dans votre quête, remémorez-vous ce principe simple, à la base même du minimalisme: le plus important est invisible.

Une fois le plus gros du désencombrement fait, standardisez vos comportements: rangez les objets à leur place et tout de suite après leur utilisation, adoptez des routines de vie apaisantes, faites des achats réfléchis, soyez satisfait de ce que vous avez déjà. Un petit truc gratis: pour chaque objet qui entre dans votre maison, un autre doit la quitter.

Finalement, c’est en vous questionnant régulièrement sur des façons de vous améliorer et en adoptant de bons réflexes que vous pourrez maintenir votre nouveau train de vie minimaliste. Bonjour le vous 2.0 porpriétaire d’un cellulaire qui fait juste téléphoner!

Au besoin, recommencez le défi 30 jours. Augmentez le niveau de difficulté.

Alors, ce défi? Vous êtes pas game..

Signature

2 réflexions au sujet de « Végétalisme rime avec minimalisme. Ou pas? »

  1. Ben oui chu game! Sérieusement, ton article m’aide à poursuivre ma réflexion. Il ajoute de l’huile à mon moulin. Mon constat: l’attachement aux objets peut être très fort!

    Répondre

    1. Il faut être sans pitié quand vient le moment de se départir d’un objet, au risque de rendre l’action inutilement plus difficile. Tu peux quand même prendre le temps de te poser les questions que j’ai listées dans l’article…une fois que c’est fait, ta décision doit être prise. Je te donne un exemple que je vis personnellement quand vient le temps de faire le ménage de ma garde-robe: je me demande «quelle serait la pire chose qui m’arriverait si je n’avais plus ce vêtement?» Ma réponse: «Le jour où je voudrais le porter, je serais déçue de ne pas l’avoir, mais je serais capable de me créer un autre ensemble du tonnerre avec d’autres morceaux parce que j’ai de l’imagination.»

      Ça permet de rationaliser l’importance que les objets ont vraiment dans notre vie.

      Tu peux aussi essayer le truc de la boîte fantôme. Places-y les objets pour lesquels, malgré ta (courte) réflexion, tu n’arrives vraiment pas à prendre une décision. Range-la dans un endroit pour une période assez longue pour l’oublier, disons 6 mois ou 1 an. Si après ce délai, tu n’y as pas touché, la preuve est faite que tu peux t’en départir. Sans l’ouvrir, tu peux alors la sortir de ta maison!

      Bonne chance pour le défi! 🙂

      Répondre

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