Vivre avec un omnivore en 5 principes.

Imaginez, après des mois d’ampoules sur le pouce grâce à Tinder, vous rencontrez enfin la personne idéale. Elle a tout pour vous plaire. C’est votre âme sœur et vous le savez. Vous n’avez aucune difficulté à vous imaginer, vieux, assis chacun dans votre chaise berçante, sur le grand balcon de la maison que vous aurez construite ensemble, en train de flatter votre vieux et fidèle bâtard, Killer.

Seule ombre au tableau.

Cette personne raffole du steak. Et du poulet frit. Et du fromage en crotte.

Et merde.

Retour à Tinder?

Pas forcément.

L’ancienneté de la relation

Parce qu’elles n’engendrent pas le même dévouement, les personnes impliquées dans une nouvelle relation versus celles dans une relation plus avancée géreront la situation différemment.

Si, comme dans la mise en situation plus haut, il s’agit d’une rencontre toute fraîche, vous serez probablement plus enclin à passer au prochain numéro. Par contre, si votre relation a de l’expérience derrière la cravate, il est envisageable que votre réaction soit moins rigide.

Après avoir eu la brillante révélation que les produits d’origine animale, ce n’est pas pour vous, chéri (e) ne désire pas vous suivre dans le pavée de vos nouvelles bonnes intentions..?

Ça ne sonne pas le glas de votre aventure à deux pour autant, j’vous rassure.

Le débat fait rage au sein de la communauté végétalienne et les opinions sont trop souvent tranchées au couteau. Par contre, comme la nature nous a tous faits différents (yé!), dans la réalité, ce n’est ni blanc ni noir.

Je vous propose donc ce condensé de mon ressenti de conjointe de non-végétalien parce que les histoires vraies, ça nous touche toujours plus qu’une opinion raide, sèche et platonique!

Livres antiques

C’t’une fois une fille qui vire su’l top

Pour vous mettre en contexte, je suis végétalienne depuis plus de 2 ans et avec mon conjoint depuis plus de 10 ans. Ça faisait donc 8 belles années que nous étions ensemble quand j’ai décidé de virer à 180° et d’abandonner les produits d’origine animale. Comprenez que je n’ai pas sacrifié toutes ces années de vie commune pour cette nouvelle conviction, aussi noble soit-elle.

Je n’ai pas non plus renié mes parents avec qui j’entretiens une relation depuis des décennies. Et certains dirons que j’ai même l’arrogance d’aller encore manger avec eux.

Malgré qu’ils ne mangent pas la même chose que moi.

Certes, je ne vis pas au quotidien avec mes parents, mais je crois que le parallèle n’est pas exagéré. Toutes vos relations n’ont pas à prendre fin avec la décision de changer vos habitudes alimentaires. Vous n’êtes pas dans une secte.

Comprenez cependant que pendant ces deux dernières années, quelques petits ajustements ont été requis et voici ce que j’en retire.

Principe 1: ne pas s’imposer

Je suis celle qui planifie les repas, fait l’épicerie et fait la bouffe, la plupart du temps. Et cela a toujours bien fonctionné, mais subtilement, avouons-le, j’impose. Si je n’ai pas le goût de manger des pâtes mardi prochain, bah on n’en mangera pas!

Cela n’est pas problématique tant que ça fait bien plaisir à l’autre de ne pas avoir à se soucier des repas et de sentir l’arôme délectable d’un bon souper quand il rentre à la maison.

Là où ça peut s’envenimer, c’est lorsque l’un ou l’autre ressent de la culpabilité. Par exemple, si vous allez au restaurant et que votre partenaire commande de la viande, soit. Dégustez votre repas et laissez-le déguster le sien.

Si vous n’êtes pas en charge des repas, c’est regrettable, mais vous devrez vous y mettre. Votre conjoint, en plus de ne pas être esclave de vos moindres demandes, n’en connaît fort probablement pas plus que vous dans ce type d’alimentation et sera dérouté par vos exigences. Offrez votre aide et cuisinez à deux. C’est le compromis à faire si vous voulez manger ce que vous voulez.

N’oubliez pas qu’installer un sentiment de culpabilité ou de jugement chez l’autre ne fera qu’empoisonner la relation et créera un climat de tension dont personne n’a envie.

Si le respect mutuel ne fait pas partie de vos priorités de vie commune, vous partez peut-être avec une prise…

Principe 2: devenir le meilleur cuistot

Fruits et légumes

Mon chum déteste à peu près tout ce qui contient de la farine de blé entier et m’a déjà mise au défi de lui préparer quelque chose avec cet ingrédient qui ne lui semblerait pas sec et/ou infecte. À ce jour, je n’ai toujours pas réussi.

Il a aussi beaucoup d’embûches quand vient le moment de goûter à du fromage végétal. Il en a en fait rejeté 99%. Chao passe, mais il n’en demande pas frénétiquement. Mon macaroni n’est pas aussi bon qu’avant. Ça parait que c’est du faux. Il me l’a dit.

C’était comme un «t’es pas game».

Or donc, depuis une éternité, je perfectionne mon macaroni au fromage. J’essaie de nouveaux fromages, différents niveaux de complexité, des accompagnements inattendus.

Et bien, dernièrement, j’ai vaincu.

Après une autre expérimentation pour laquelle j’avais peu d’attente.

Il a été sans mot.

J’ai dû lui faire cracher que mon macaroni au fromage, il était su’a coche.

Avec mon chum, quand je lui fais goûter une nouvelle recette, il y a toujours un «mais».

«C’est bon, mais…»

«J’aime ça, mais la prochaine fois…»

Cette fois, le «mais» n’est jamais venu.

Bref, ce que vous devez retenir, c’est qu’il n’y a probablement pas de stratégie qui réussit mieux que de le gagner par l’estomac.

Perfectionnez vos compétences de cuisinier ou cuisinière et rendez votre partenaire fou d’amour pour vos p’tits plats. La tentation sera moins forte d’aller voir ailleurs. 😛

Principe 3: Établir des règles sans tomber dans la dictature

Au tout début, jadis, on me réclamait une charcuterie par-ci, un p’tit poulet farçi par-là…Et je l’achetais.

À un moment donné, par contre, la section de la viande à l’épicerie a commencé à me rebuter et j’étais mal à l’aise de m’y promener, fouillez-moi pourquoi.

J’ai avisé.

Je n’y vais plus.

J’accepte encore de passer ramasser des œufs ou du fromage parce que je sais que c’est le dernier maillon que les gens abandonnent.

Et puisqu’on paye tout à deux, j’ai également retiré mon nom de la liste des investisseurs de McDonald’s.

Rage de McCroquettes?

Pas de problèmes, mais ce sera avec ses propres sous.

Établissez vos limites, mais tout en restant tolérant. Puisque tout le monde n’est pas comme vous, vous ne pouvez exiger que tout le monde agisse exactement comme vous. On ne peut faire plus logique, n’est-ce pas?

Principe 4: ne pas faire n’importe quoi avec ses mains

Si vous êtes le cuistot, évaluez jusqu’où vous prêt à adapter votre cuisine. Peut-être accepterez-vous de préparer deux types de repas ou, au contraire, peut-être que l’odeur de la viande cuisant dans une poêle pleine de beurre vous donnera envie de vous enfuir.

Si vous n’avez pas envie de mettre son fromage sur sa moitié de lasagne, demandez-lui gentiment de venir vous donner un coup de main.

Laver sa casserole d’œuf brouillé et/ou collé au fond ne vous allume probablement pas. Alors, offrez-lui de laver et vous, d’essuyer et profitez-en pour discuter!

Principe 5: rester basic

Lorsque vous préparez les repas, utilisez toujours un plat végétalien comme base. Les gens qui mangent avec vous seront alors libres d’ajouter du fromage, par exemple, une fois le plat servi.

Cela permet de satisfaire les diètes de chacun sans vous obliger à cuisiner plusieurs plats différents et sans créer de tension.

Bref

Il n’en tient qu’à vous de voir si une telle relation vous convient et loin de moi l’idée de vous faire croire que c’est le succès assuré à tout coup. Chacun vit son végétalisme différemment et le gère à sa façon au quotidien.

Pour nous, cela fonctionne et je suis fière que mon chum, depuis 2 ans, sans que je me fasse pousser une moustache carrée et un uniforme militaire, a dramatiquement diminué sa consommation de produits d’origine animale. Ce n’est pas forcément une priorité prioritaire pour lui, mais il fait un effort soutenu et ressenti.

Les relations végétaliens/non-végétaliens ne sont pas une utopie. Comme les amitiés gars/filles.

Si votre partenaire de vie est sincère et vous aime d’amour, il n’y a pas de raison pour qu’il ne vous supporte pas dans vos choix, mais cela n’implique pas qu’il doive nécessairement les adopter avec autant de ferveur que vous.

Soyez conciliant et n’oubliez pas que vous n’avez pas toujours été là où vous êtes. Vous en avez mangé des œufs, du fromage et du poisson…

Tout le monde n’arrive pas au même endroit au même moment, mais tous les chemins mènent à Rome!

Bol de fruits en forme de coeur

6 réflexions au sujet de « Vivre avec un omnivore en 5 principes. »

  1. Article très pertinent. Je suis très chanceuse mon mari a des convictions encore plus fortes que les miennes si je peux dire. C’était moi la mangeuse de viande du couple. On oubli les goûts de viande petit à petit. Le monde végétal nous offre des possibilités infinis.

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  2. C’est drôle, je te lis et je lis ma relation avec mon copain. Nous sommes ensemble depuis 9 ans. Je suis végétalienne depuis peu (mai 2016) mais j’étais végétarienne depuis janvier 2013.

    Mon entente a toujours été, un soir je cuisine pour moi (végé) et un soir pour toi (viande). Je faisais des grosses portions et celui dont c’était pas le soir, mangeait des restes. Et petit à petit, le fait de cuisiner des carcasses me levait le coeur et petit à petit, mes repas de viandes étaient moins élaborés et moins bons. Jusqu’au jour je ne pouvais plus toucher à de la viande (août 2015). Ça m’écœurait, et il l’a bien vu. Il m’a dit, mangeons seulement végé à la maison, vu que je ne veux pas cuisiner pour moi. À ce moment, j’étais heureuse comme ça se peut pas. Il mangeait végé à la maison et omni ailleurs.

    Arrive décembre et les partys de famille. Il a mangé omni durant deux semaine et vu qu’il n’était plus habitué, ça l’a écœuré. En janvier 2016, il m’a dit, je vais juste manger végé, même à l’extérieur, mais pour un mois seulement. Et depuis ce temps, il n’a plus touché à de la viande. Il est maintenant un végétarien avoué, ne veut plus toucher à de la viande, rabroue ses amis lorsqu’ils disent que c’est nécessaire, et etc. C’est d’autant plus impressionnant qu’il aimait beaucoup le goût de la viande et qu’avant d’être avec moi, il ne goûtait rien de ce qu’il ne connaissait pas (incluant presque tous les légumes).

    Naturellement, durant ce temps, nous discutions souvent du sort des animaux, nous avons vu des documentaires, etc. Il adore les animaux, donc tout ça le touchait beaucoup mais il refusait de faire la connexion.

    Nous achetons encore du fromage quand il en veut (rarement) et du lait quand il en veut (rarement). Nous n’achetons plus d’oeufs car il ne s’en fait pas mais il en commande parfois au resto. J’ai l’impression qu’un jour il sera végane, mais pas tout de suite. Tout le monde est sur son propre chemin et parfois, ça prend du temps (tsé, ça m’a pris trois ans devenir végane!).

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    1. Wow Catherine! Ton témoignage est si encourageant!

      Ton attitude conciliante et ta patience à lui transmettre toutes sortes d’informations ont certainement aidé à sa transition sans créer une tension désagréable dans le couple.

      Longue vie à vous deux! 🙂

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